Dakar, 18 déc. 2025 – La reconnaissance de la diaspora comme « pilier stratégique » par le président Faye est une avancée historique. Pourtant, une question demeure : comment honorer les « diasporas de l’intérieur », ces fils du Fouta, du Boundou ou de la Casamance, qui sont depuis toujours le poumon financier et le cœur solidaire de leurs terroirs ?
Un pilier économique à mieux ancrer dans les territoires
Le constat est limpide: avec plus de 1 500 milliards FCFA transférés annuellement (soit 10.5% du PIB), la diaspora est la première investisseuse du Sénégal. Ses fonds irriguent d’abord les régions, finançant écoles, centres de santé et projets de développement local, comme à Diawara. Malgré cette contribution vitale, la reconnaissance institutionnelle reste centralisée à Dakar, éloignant le dialogue des terroirs qui génèrent cette solidarité.
Notre proposition :
une célébration tournante, moteur d’unité et de développement.
Nous plaidons pour que la Journée Nationale de la Diaspora devienne itinérante, organisée une année sur deux dans une région du pays. Cette mesure aurait une triple portée transformative :
• Une reconnaissance symbolique forte : Célébrer dans le Fouta ou en Casamance serait un hommage concret aux communautés historiquement pourvoyeuses de migrants.
• Un levier de développement local : Implanter l’événement dans une région connecterait directement les investisseurs de la diaspora avec les opportunités de leurs terroirs d’origine.
• Un ciment pour la cohésion nationale : Cela incarnerait l’idée d’une diaspora « 15ᵉ région », maillage solidaire reliant tous les territoires et montrant que la nation se construit aussi depuis Matam, Louga, Tambacounda ou Ziguinchor.
Un appel à l’action pour concrétiser la vision présidentielle
Pour transformer cette vision en réalité, nous appelons l’État à annoncer dès 2026 le principe de l’itinérance et une première région hôte pour 2027. L’événement, co-construit avec les Agences Régionales de Développement, doit intégrer un forum économique et des visites de projets. La diaspora et la société civile doivent, de leur côté, se saisir de ce plaidoyer et préparer des projets structurants.
Faire voyager cette Journée, c’est honorer les racines régionales qui nourrissent l’arbre sénégalais tout entier. C’est passer à l’étape supérieure : celle d’une reconnaissance mutuelle et équitable entre la nation et toutes les composantes de sa diaspora.
Vive la diaspora, vive le Sénégal dans toute la richesse de ses terroirs !