NON, Monsieur le Premier Ministre.
NON, Monsieur le Président de la République.
Vous n’avez pas le droit de décevoir.
Pas au nom de l’histoire récente.
Pas au nom de la mémoire encore brûlante de nos martyrs.
Pas au nom de celles et ceux qui ont cru, espéré, et parfois tout sacrifié pour que naisse enfin une ère nouvelle.
Vous devez loyauté à ce peuple du changement,
à cette jeunesse qui s’est levée,
à ces familles qui ont enduré,
à cette nation qui a choisi de tourner le dos à l’injustice, à l’arbitraire et aux compromissions.
Non !
Au nom de l’espoir suscité,
au nom du combat mené,
au nom du rêve partagé,
le vaillant peuple du changement a droit à l’apaisement, au respect, à la cohérence.
La politique ne doit plus être le cimetière des amitiés,
ni le théâtre des rancœurs,
ni le lieu où se sacrifient les valeurs au profit des intérêts.
Depuis hier, un étrange malaise nous envahit.
Un sentiment de honte, inattendu, douloureux, presque irréel.
Comme si la flamme allumée par tant de sacrifices vacillait brusquement sous les vents de l’incertitude.
Mais nous refusons de renoncer.
Nous refusons de douter de l’idéal qui nous a portés.
Nous refusons de voir la confiance populaire piétinée.
Nous rappelons donc, avec gravité et responsabilité :
La Nation d’abord.
Toujours.
Sans exception.
Et que chacun, à son niveau, se souvienne du serment moral scellé avec ce peuple.
Car trahir cet engagement serait trahir l’histoire.
Et l’histoire ne pardonne jamais.
Bocar KOUNDOUR
Patriote toujours